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Il donna même pendant quelque tems à jouer dans fa maiſon ſous la pro tection de la Reine autrement il ne l'au roit pû faire parce que cela eſt defendu à Rome ; & pour entretenir agréablement joueursil leur faiſoit entendrede fois à autre des concerts de muſique& des inſtru ments dont la fimphonie charmoit l'oreillependant qu'on vidoit la bource.
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Les jeunes filles les plus mo nauld deſtes& les Religieuſes mêmeles plus à M. auſteres s'autoriſeront par ſon exemplePer. & s'exciteront à lire des Romans. En Tault. quelle conſcience & de quel front oferoit il leur défendre d'en lire lui qui en compoſe de ſi galans ? Elles lui foutiendront avec ſujet qu'il n'y a rien de plus dangereux dans ceux de la Calprenéde ,deScuderi & de Gomber ville que dans le ſien .
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Madame ditil ,je voudrois faire dayanta ge pour l'amour de vous : ie vous amcine ce cheualiet portant le nom de la Roche feo. duè av'moyen deqaoyie penſe qu'il vous foit parent. Quant au demeurant ie vous puis fore bien affeurer ,que luy ſeul vaut mieux pour vous en cefte guerte que mille autres cheualierstant vertueux puiſſent ils eſtre pouraucant que moy meſme l'ay veu en belongne faiſant de grandes armes.
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Et ce qu'ils auroient de plus agreable ne fe difliperoit-il pas des qu'on feroit charmé par vò . tre preſence ? Ce que vous me dites eſt trop flatteur reprit le Roi. Il eſt fincere Sire reprit. elle. Je ſens tout ce que je dis ; & je ſerois malheureuſe fi aprés tout ce que je fais vous doutiez de mes ſentimes. Le Roi qui fentoit beaucoup d'amour pour cette fille fut long-temps à l'en !
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Il marcha foit bien Croillant fe tira à part & ſalua toute la nuit & toute la journée juſqu'au le Bourgeoislui diſant: Sire ayez ſouve loir qu'il arriva dans un Bourg où il für nr d'un pauvre malheureux à qui fortune obligé de vendre ſon épée parce qu'il elt contraire& qui autrefois vous a fait n'avoit point d'argent pour payer ſon écor. du bien ; quandºce Bourgeois entendit Il entra dans une auberge où il logea & Croiſſant il le regarda fieretuent & ille fut ſervi de tout ce qu'il demanda & voureconnue il appella ſon domeſtique & lut avoir le lendemain marin quand il fallui commanda d'apporter un chaudron lut parvir il vendit fon aum iniere & en plein d'eau le domellique fit ce que ſon prit ce qu'il put en aroir il marcha renmaître lui avoit ordonné alors le maître dant tant de j 'urs qu'il approchia la Ville prit le chaudron & jetta l’eau ſur la tête de Rome & vir une auberge ou il ſe lo de Croiſſant dont fon habit & ſa crea gea pour parler la nuit & quand ce vint miſe furent trés-mouillés Croiſſant fans le inatin .il demanda à l'hôte à qui la Ville rica dire ſe nettoyapuis dit au Bourgeois étoit & e qui en étoit Se sneur ?
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Aufli 1 eſtoit -il bien juſte que toute l'entrepri AN ſe d'une affaire de Foy fut appuyée ſur 2 l'oreille . La Dame s'habilla prompte . ment & dans l'impatience qu'elle avoit de contenter ſa curioſitéelle envoya dire à l'Etranger que quand ilauroit achevé ſes exercices ordinaires elle l'attendoit à la chambre pour diſcourir & paffer enſemble quelque heure de la matinée. Dans cet intervalle la porte du Château avoit eſté ouverte & Archange eſtoit M allé au manége voir travailler les che . vaux .
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Elle ſe miſt à faire ung liet de reſeul de foye cramoiſie & l'attachoit à la feneſtre où elle vouloit demorer ſeule ; & quand elle voyoit qu'il n'y avoit perſonne elle entrete noit ſon mary qui pouvoit parler ſi haut que nul ne les euſt ſceu oyr : & quand il s'appro choit quelqu'un d'elle elle touſſoit & faiſoit ſigne parlequel le baſtard ſe pouvoit bien toft retirer.
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Le Roi venoit de mourir & de charger DiegoLopez de Cu niga & Don Juau deVelaſco de l'édu. cation de Don Juan ſon fils. Il n'avoit en core que 22. mois ; cette preuve de l'eſti me & de la confience du feuRoi pour ces deux Seigneurs élevoit extrémement leur fortune & augmentoit beaucoup leur cre dit.
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Si de fortune ce Lecteur eſt si tot d'avoir plus d'attention à la lectu . le qu'au diner abfit & qu'il veuille achever jul ques au ſens parfait & qu'aina il perdele temps les autres diſenten concluant Chapitalement contreluiqu'il n'entend pas le Tu autem ; ainſi eſtil du reſtecachez -le. Avant que laiſſer les Moines & devant qu'ils nous oyent voyez vous en voila un qui regarde c'eſt le même que je vis tant arguer quand nôtre M. Benoît fut parle Docteuriltrepignoit & venoitaux attaintes : pour quoi il y eut an Docteur qui ſe fachant & fe tournant vit ce Carme & pource qu'il faut par ler Latin lui va dire ifte Carmen : à cela il ſe teật & ne fut plus & impudent pource qu'on > dirBran pour les Carmes : A cauſe de quoi?
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Elle vint leur direde ſecoucher & que ce n'étoit pas Ja coutume de veiller ſi tard dans la Palais. Elles obeïrent l'une & l'autre : mais cette ſevere fille s'étant retirée Leonide appella doucement Iñes.Non ma chere compagneluy dit-elle il ne m'eſt pas permis de fer mer les yeux ſans avoir İçeu auparavant la fin de tant de malheurs. Venez auprés de moi pour m'en raconter la ſuite Iñes étoit une des perſonnes du monde la plus com plaiſante ellepritune légere robe fur elle & s'écaixaAlile fur le lit de Leonideelle re prit ainſi ſon diſcours.
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Toutesfois nous parvina mes enfin tous entiers juſqu'à la falle dulbar letoù je trouvay toutes les places priſes ; & bien que je ne ſçavois de quel coſté metour: ger. Je nuiſois à coutle monde : perſonne ne vouloitdemoy : l'un me pouſſoit aufli-faifoit l'autre .; tellement que je croyois que moi corps fuft devenu ballon puiſque l'on s'en jouoit ainſi. Va archer de ma connoiſſance me tira de peinc & n'ayant fait mettre ſur l'echaffaut des violons en attendant le baletme dit qu'il faudroit bico que l'on me fiſt place malgré que l'on en euf lorſqu'il ſeroit coinmencé. Quand j'y fus je ne cherchay point d'autre fiege que mes papierscompa m'eſtois planté gnons fidelles : & comme je tenoient là les violons vindrear.
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It i1 Cette rencontre priſe pour vn aſſaſſi nat à cauſe de l'auantage des armes que m Andronic auoit ſur Arcas à raiſon des u quoy il futcontraint de prendre la fuite& de ſouffrir vn long exiltandis que les heritiers d'Arcas le pourſuiuoient viue ment pour le faire condamner à la mort. Plautille eftant en la peine que vous pou ucz imaginer pour ſon mary le voyoit inocquéctoutouuertementpar Ardelicquiaiſe qu'elle eſtoit de l'affliction de cet te femme dont elle eſtoit enuieuſe & ja louſe ne ſe půc tenir de dire que c'eſtoit elle qui luy auoit fait faire par Arcas cér id affront,qui eſtoit cauſe de ſon deſaſtre.
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Huon s'arma glantmais à la fin les Sarraſinsfurent & quand il le futle Gouverneur lui fit taillés en piécescar les Chrétiens étoient donner un bon cheval ſurlequel il monta en plus grand nombre & mieux en ordre enſuite ils fortirent de la Ville & trous que les Sarraſins ainſi ils furent obligés verent l’Amiral de Perſe qui avoit déjà de céder la victoire à leurs ennemisils Tangé ſes troupes en bataille quand l'Atournerent le dos & fe fauverent tous dans miral vit que toute l'armée des Sarrafins la VilleBernard & l’Amiral les pourſui étoit ſortie de la Ville il courut deſſus & virent & en tuerent tant que c'étoit une enfonça les bataillons avec un courage & horreur. Enfin l'Amiralles preſſoit ſi fort une intrépidité adınirables. Huon voyant qu'il entra dans la Ville avec eux en frap que l'Amiral de Perſe combattoit ſi bien pant fur eux avec tant de fureur que les ſe retira à quartier pour ſavoir dans quel corps des Payens & des Sarraſins qu'il rang il ſe mettroit ,car il avoit été bien avoit tués nageoient dans des flors de lang reçu des Sarraſins. Mais quand il ſe fut qui couloient dans les rues Quand L'AⓇ apperçu que ceux qui étoientdébarqués miral vit que la Ville étoit rendue il or carnage & auport étoient dePerfe & qu'il eutredonna que l'on fit ceſſer le connu parni eux l'Amiral de Perſe & ſon que l'on donnât la vie fauve à ceux qui cher Coun Bernard il en eut tant de favoudroient croire à la Loi de notre Sei tisfaction qu'il laiſſa couler des Yarmes de gneur JeſusChriſt ; il y eutun très -grand joie & remercia N. Seigneur Jeſus-Chriſt nomibre qui reçurent le Saint Baptême de l'heureuſe fortune qu'il lui avoit pro& il fit tailler en piéces ceux qui ne vou curé il dit : Grand Dieu ! Je dois bien lurent pasſe rendre ainſi fut priſe la Ville avoir de la reconnoillance car vous ne rede Colandres. Huon qui étoit dans la Ville fuſez jamais votre fecours à ceux quivous vint vers le Palais ou il trouva l'Amiral aiment & qui vous fervent.
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Le jour étant venu on fut ſurpris de trouver le tombeau d'Etrangle-Dieu ouvert mais plus ſur pris encore de n'y point voir le corps qu'Alexandre avoit jetté au fond de ia foſſe. Chacun en parla ſelon ſes préjugés ; & comme il paſſoit pour un fort mé chant homme les fots crurent que le diable l'avoit emporté. Cependant les deux amans firent ſçavoir à la belle ce qu'ils avoient fait& ce qui les avoit ein pêchés de faire plus.
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Il eſt donc bien vray seprit Melintetour eſtonnéqu'elle eſt vi uante! Laiſſezmoyreſpondit Arcaspourſuiure lereſte; & vous ſçaurez ſi c'eſtelle meſme. Ah ! Dieux dit en core Melinte il nercſtoit plus que defaire reſſuſciter les morts contre nous & ie ne croy pas qu'il y ait aucu nc choſeà preſent qui n'ait coniuré noſtre ruine. Arcas pourſuiuit ainſi. Emilie reſpondit à Trebace : Puiſque vous deſirez ſçauoir le ſujet que i'ay de hair Melinteic veux bien vous donner cette ſatisfaction ſi vous en pouucz receuoir quelqu'vncd'apprendre combien i'ay cu d'amour pour luy: car il faut que ic vous confeſſeque c'eſt le ſeul homme qui a eu le pouuoir de faire naiſtre cette paſſion en moy.Mais il m'a bien fait payer aucc vſure le temps que l'auois differéde la receuoir dansmon ame ; & il a bien vangé ſur moy les meſpris que l'auois faits iuſques là de vous & de quelqu'autres.
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Les voila coutes trois en cervelleſi quiéguiſant le filde Jeur entendement elles tâchent toutes trois à répon dre : l'ainée répondit qu'elle n'avoit jamais goûté à Sauce ſi douce ſans ſucre : l'autre dit qu'elle n'avoit onques rencontré chair fi dure fans os : la tierce pro fera qu'elle n'avoit jamais apperçû ni ouï ni ſenti tant cracher fans toullir. Je penſois que vous y inertriez ma couſine de Mont rouge qui penſoit être en terme de devenir bête.
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Ptolomée revenu à ce diſcours ; comme d'un longe de fa colere contre les Egyptiensy ayant penſé meurement reconnut la faute qu'il avoit faite de s'enfuïr. Mais les Amis qu'il avoit avec lui gagnez par Po danmp ée pour le fair alle à Rome s des vûës que etout rle monde ſùt depuis * l'ay ant détourné de ſuivre le fage con ſcil de Caton il ſe repentità loiſir de les avoir crûsSenec,de Fra 1.
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Voſtre tres-humble fille Califte . Apres queDorilas eut leu cette lettre il fentit de terribles eſlancemens de douleur & de pitié dans ſon ame leſquels neantmoins il diffimula ; & rendant la meſme lettre à Ly ſandre,pour toute reſponſe luyditainſi: non amy dites à Caliſte que ſielle cftoit autant innocente comme ellem'eſcrit il ne faloit point rompre les priſons pour agraver ſon crime au lieu de le juſtifier ny s'enfuïr avec celuy meſme qui luy eſt cauſe de ce mal heurainſi qu'elle a fait.
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Et ayans fait ouurir les feneſtres de la cham brele iour commença à entrer dedas& ceſte bonne dame len vint au lit de Dom Douard& ſa fille à ce luy de Fleride. Le cheualier enquis comme il ſe por toit. Madamereſpondit ilie me treuue bien& ſuis eſmerueillé ne ſçachant ne qui m'a amnené en ce lieu ne meſmes qui me peut auoir guery. Monſieur dit el le celuy qui vous aymę & prile beaucoup ,vous a icy amcné ne voulant que voſtre bataille print finpour autant que la perte de deux ſi brauescheualiers cult eſté beaucoup dommageable au monde.
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Les parens de Lesbia faiſans ſemblant de vouloir iuſti fier leur fille la tirent à part & la coniu rent de leur dire ſi elle eſt coupable oui innocête de ce crime afin dela faire eua der ſi elle eſt complice du faict ſinon de la remettre à la luftice pour prouuer ſon innocence : Elle à qui la conſcience don noit vne forte geſne & la crainte de la mort vne plus grande tortureles ſupplie de la faire cacher fe confeſſant crimi. nelle.
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En luitte de la creance que l'Empereur auoit cuë au pere il lui auoit donné vnecommiflion de quelque leuee de deniers,dont la ſomine eſtoit notable.Surl'auis qui fut donné à la MaieſtéIm periale,que Volfang mangeoittout & s'enalloit le grand chemin de l'hoſpitall'Empereur crai gnit que la desbauche ne portaſt ce icune hom me à faire le meſme de ſes deniersdeſquels il lui commanda derendre compte à vn de lesThreſo riers.Volfang ſurpris de cecommandement com me d'un eſclat defoudre,nefçeur que reſpondreſinon demander terme pour dreſſer ſon cahyer de raiſon.Ce que l'Empereur lui accordavolontierseſtant vne choſe de iuſtice .
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Il a trouvé tant de gloire à le ramaſſer qu'il s'en fera une en core plus grande à le porter. Ils ne purent s'em pêcher de rire de cet expédient ; & Ergafte en fourit lui-même le premier. Les autres bergers & bergères prenoient tant de płaifir à feur diſpute qu'ils appréhendoient d'en voir la fin& Coris auſſi bien qu'Aréliſe ne ſe preſſoient pas non plus de la terminer . Mais les deux paſteurs intéreſſés au prix les prièrent avec inſtance de porter leur jugement. Arélife s'en excufoit ſur ce que le différend étant furvenu à fon fujet Célémante pourroit avoir fa décifion pour fufpecte.
AbZnxSzGVV0C
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Ce que Damis ayant ſceu ie croy qu'il eſt tout reſolu de l’enleuer auff toft qu'il en aura la commodité ; Or c'eſt iem'affeure dequoy ils parloient cantoft en ſemble. La fin de cette hiſtoire auoit amené nos Bergers chez Clariceoù iis trouuerent Ti dée Cymante & quelques autres Bergers. Cependant la Nymphe & Clariceeftans en particuliers'entretindrent longtemps& donnerent loiſir à Syrene de paſſer dans vn iardin auec Clytée,Acāte,MearindeAſtile& tous ceux qui voulurent forțirmais iene veux pas qu'ils y entrēt que nous n'en voyós le tableau.
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Or vray eſt que au dict jour Saina Pierre ,le Duc auoit ordonné qu'enuiron fept heures en la nuia luy & ſa bataille partiroientà neuf heures apres ſon arrieregarde & eſtoit pour aller au village de Acqueſelleou on diſoit que les Gantois eſtoient bien lix 02 ou ſeptmille & tout ainſi que le mareſchal de l'oft du Duc faiſoit dire les ordonnancesqui luy eſtoient chargées de par or le Duc au Preuoft des mareſchaux pour le faict desviuresuu & au maiſtre de l'artillerie enſemble toutce qu'il failloit pour l'oft vint vn pourſuiuant nommé Pauillon lequel ap porta certaines nouuelles de la beſougne & de la deſtroulle 1 faicte ſur les Gantois deuant la ville de Hulſtainſicomme cy deflus auez ouy .
On6-T4-1dwIC
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Melinte a raiſon dit Epicharis: car la corde eſt toute preſte& ie vousapporteroisbien dequoy la tirer à vous. Toutefoisdit Melinte le haut de cette cheminée reſpond au haut de la tour : ſur le milieu de la nuit nouspourrions bien nous ayder l'vn l'autre & nous monter par là ; ie croy que nous pourrons nous fauuerpourucu ſeulement quel'on ne ſçache point que vous Toyez ſortic& que l'on n'enfermeperſonneicyau licu de vous : Il faudroit que vousallaſliez acheter yn batcau auec quelques autreshabitspour nous déguiſer& retour nant icy vous nous apporteriez cette corde deliée pour tirer l'autre à nous pardehors. le trouue cela dit Epicha. ris fort bien imaginé ; & pour faire en ſorte que l'on ne s'enquiere point de moy ny de vouspour cette nuitaufli toft que ie ſeray ſortie ce ſoir hors de cette chambrevous n'aurez qu'à fermer la porte aux verroux & l'on vous enfermera fans voir dedans ſi i'y ſuis. Cette reſolu rion eſtant ainſi priſe Epicharis auſſitoſtallaſe pournoir d'vn bateau de quelques habits & de la corde qu'elle auoit fait faire d'une groſſeur & d'vne longueur eſtran ge.
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Cependant je ne veux pas interrompre le repos que vous allez prendre. Que dif-iereposie me trompela colere vous domine trop l'artifi. 3 1 ce d'Erafte à fait efleuer en voſtre ame vne · tempeſtequi ne ſe peutſi toſt appaiſer,& puis vos ämbrages l'excitent couſiours: La tai fon vous veut bien quelques fois deſabufermais vous la reiertez comme yne mauvaiſe conſeillere & la tenez fuſpecte d'incelligen ce auec Syrene.
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Mais ſa cauſe étoit trop importante pour l'abandonner ſans réplique. Il pria les ber gers de leur accorder encore un moment d'at tention . Je vous avoue leur dit-ilque Périnte vient de me ſurprendre; & quelquemauvaiſe opinion que je duſſe avoir de lui je ne m'attendois pas à tant d'audace . Il a eu raiſon de vous dire qu'on n'eſt guères méchant à demi & que l'on ne peut aſſurer les crimes que par les crimes : mais ce qu'il a cru vous dire pour ſa juſtification ne doit ſervir qu'à le confondre. Le menſonge étoit la ſeule voie qui lui fût utile pour ſe diſculper de nos malheurs.
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Dans toutes les villes où ils arriventils se font baptiser de nouveauet outre ce qu'ils tirent de leurs par rainsils vont encore demander l'aumosne aux autres et deviennent riches comme des Juifsen disant qu'ils cessent d'estre Juifs. Fatio Cereto rouloitil y a longtempspar les terres du Papeavec plusieurs compagnons de sa gueuserieet n'ayant pas fait beaucoup de gainil s'en alla vers la Sicileet fit semblant d'estre Juif avec tous ceux qui le suivoient; de là il passa dans la Calabre et dans la Pouilledisant qu'il vou loit embrasser la foy chrestienneaprès avoir abjuré les erreurs du Judaïsme.
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Et pour faire preuve de plus d'inpieté Prevôtable on contraint iniquement les autres& incite à dire s'ils ſçavent quelque mauvais deportement de leur prochain afin que l'on l'acca ble pour s'engraiſſer à les dépenss'il a moyen de payer les ouvriers. Ainli pluſieurs ſont riches du mal heurdesautres deſquels jamais la faute n'eft cachéeou diminuée ou détournée mais multipliée abon« damment. Or nous ne ſommes plus au temps qu'on écoit ſauvé par la faute -je penſe que les bonnes gens qui geniiflent ſous la tyrannie des gros ſeront émus parcharité à bien eſtimer& verront en nos diſcours comme nous découyrons le tombeau de la verité. Epicarme.
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Je vous demande ici vos ſoins. Faites faire tout ce que vous jugerez néceſſaire : vous ſçavez de quelle maniere je veux être ſervi. Je ne veux sien épargner dans cette occaſion & je veux que tout ſe ſente de ma magnificence & de inon amour. Agiſſez coin ne îi vous étiez encore ma femme : invitez les Dames que vous jugerez à propos & les recevez coinne vous l'entendrez. Quoique cette épreuve fût une des plus rigoureuſes à laquelle un caur tendre pouvoit être expoſé Griſeledis répondit fans balancer qu'elle alloit ſans retardement exécu . ter ſes ordres. En effet elle entra dans le Palais d'où elle ne venoit pour ainſi dire que de ſortir & faiſant l'office de la moindre ſervante elle netoya elle -même mit les choſes dans l'état où elles de . voient être donna ordre à la cuiline fit inviter aux nôces de la part du Prince toutes les.
EzeXgqfhMSkC
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Les Caldéens à qui je communiquai ce ſonge & dont vous ſavez quelle eſt la ſcience dans ces matières & leur expérience à deviner par . là l'avenir me dirent que ce tronc d'arbre que j'a vois vû couché par tcrre fignifioit quelque grand perſonnage que j'aurois fait mourir ; & que le rejeton dont l'ombre étouffoit tous mes arbres vouloit dire que fa poftérité feroit périr la mienne. Il me femble en effet qu'il eſt ce jeune arbre que j'ai tranſplanté parmi les miens quand je l'ai dérobé à ſa propre mai fon en le mettant dans votre famille & au près de mon fils dont je vous ai confié l'édu . cation.
AbZnxSzGVV0C
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Ne me demandez donc point Soſiclece que i'ay voulu qu'elle creuftquand ie luy ay aduoiié que i’aymois car ie n'en (çay rien moy-meſine : mais ie fçay bien qu'à moins que d'etre Roy iil y a de la folie à s'obſtiner d'aymer l'incomparable Pal mis. Cependant quoy que ie ne ſçache pas ſeu lement ſi ie ſuis fils d'un homme libre ie l'aime& ie l'aimeray eternellement: & ie ne puis mef me ſouffrir que le Prince Artefilas en ſoit amou reux. Comme les choſes eſtoient en cét eſtat il arriua à Sardis vne augmentation de belle & agreable Compagnie : car le Prince Abradate ſe cond fils du Roy de la Suſiane qui regnoit alors& fils d'vne Sour de Creſus que ce Roy auoit 2 épouſéey vint: & en meſme tempslabelle Pan thée fille du Prince de Claſomene Vaſſal de Cre ſus vint aufli demeurer à la Cour de Lydieauec > le Prince ſon Pere : de ſorte que l'on renouuella tous les diuertiflemens à leur arriuée.
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Carite luy fit en tendre ſans dire mot qu'elle en feroit bien ayſe;ce qu'elle faiſoit à deffein pource qu'e ſtant bien certaine que cer eſcrit s'adreſſoità elle,il euſt femblé qu'elle euft conſenty d'en receuoir de luy ſi elle luy euft ouuertement permis. Il fut veu fous yn berceau de ſon iar din d'où ils paſſerent dans les parterres ou l'Oracle de Meriandre ( c'eſt ainſi que nous appelleronsdoreſnauant Tenebe.) les atten dant il trouua moyen de s'eſcarter auec elle & luy dire ſon inuention qu'elle trouua la meilleure du monde.
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Si bien qu'il ſe mit en tête que ce pourroit étre ſa femme. Le bon hommequi étoit ſur l'âgeſavoit bien que la Femme avoic quelque ſujet de ſe plaindre& qu'il n'é toit pas en pouvoir de la ſatisfaire. 11 n'ignoroit pas qu'une femme dans cet é.. tat eſt ſujette à fe pourvoir ailleurs . Enfia il ſe douta fortque le Galant n'aprît la Science à ſes dépens. Il reſolur donc de leſuivre de loin aprés l'avoir averti de s'en aller par le plus courschemin chez la Maîtrelle . Camille de ſon côté s'arme: d'une côte de maille avec l'épée & le poignard pour ſedéfendre. Ce Galant ne fut pas fi tôt à la porte du jardin qu'on le fic enrrer. La Dame lereceur à brasouverts & lui donna des marques indubitables de la ſincerité de fon affection.
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Souvenez vous bien de cela frippon & l'écriveztantoſt dans voſtre re ccuil. Voila qui eſt fort plaiſant ce dis -je en riant ; car depuis qu'il eſtoit amoureux j'eſtois devenu aufli grand maitre que luy : puis aprez voyant ſon étude ouverte j'entraydedans tout d'un ſaut. Qu'allezvous faire la dedans me disil ? Je vay cbercher voftre Ovide Domine luy 1.epondis-je. Il eſt au coin de mes tablettes Iepliqua-t-il.
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Ces derniers mots furent ſuivis d'un ſoûpir qui fit con elle luy ou noiſtre que cét Inconnu ne luy e léclara qu'eleo ſtoit pas indiférent & quoy que ois au Mar ſa Couſine luy fiſt eſpérer qu'elles le déplaiſir pourroient le rencontrer à quel cr en fai elles avoient qu'autre Balcela ne luy donnoit qu'une foible conſolation. Elles ſe r parloit fi trouverent à tous les divertiſſemens mous jamiaeirs qui ſe firent à Génes pendant le n Caval reſte du Carnayal.
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Voila cher cæur les defits inhumains que faiſoit contre toi un amour defeſpéré.. Heureux mille fois le jour qui t'a porté à me tirer d'erreur. Je lis cette charmante let tre à tous momens & je la baiſe avec une joye inconcevable .. Jugez . après cela li je deſire de vous voir & fi vous avez raiſon de m'accuſer d'indifférence. Non ſans doute & vos charmes ont tant d'empire ſur moi que vous ſerez toûjours la . maîtreſſe de mon caur.
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Deliuce moy de ces Cocfaires luy dicit quand reſtois fille vne femme meiugea & maitenant que icfais garçon va hoınıne me veur iuger ; qui cecgeeft au pre. iudice de l'Amourqui eft Roy :de mon ame. & de Pan qui eſt Roy de moncorps & de mes biens. Hircan voyanc que Lyús eſtait forc en gerne comipanda a tous ceux qui eſtoieac la de la laiſ. ſer en libeccé.
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Tous ſavoient ma naiſſance mais pas un n'étoit inftruit de mon ſexe. Je me déterminois preſque à le leur découvrir n'ayant plus pour cela ce me ſembloit d'inconvenient à crain dre. Je me figurois au contraire que quand ils ſauroient que j'étois leur prince cet état mo donneroit plus d'autorité & leur inſpireroit plus de courage & d'affection pour me défen dre.
AbZnxSzGVV0C
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Ils s'aviſerentne pouvans faire autre choſe contre luyd'aller chercher la vefve de ce nommé Laçourqui avoit eſté tué dans le ren contre dont ie vous ay parlé & de ſe ſervir d'elle pour le pourſuivre. Ils luy donnerent de l'argent tant qu'elle en voulut & l'obligerent de preſenter une Requeſte par laquelle elle de manda qu'il luy fut permis de faire in former nouvellement.
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Le repasfini le Seigneur pria le Pere de s'aprocher du feu ou ſa femmefes Enfans & ſes Damoyſelles eſtoient desja le bon Pere auroit bien voulu fe diſpenſer d'aller là : acauſe que ſa Carpe ſe remiioit fansceſſe ;il fallut pourtant faire ce dont on le prioit : de forte que s'eſtant aſſis la Carpe fautilloit& fe remuoit fi fort qu'elle luy faiſoit lever l'habit. ll taſcha pluſieurs fois de couvrir de la main ſon larrecinmais tant plus il preſſoit tant plus le Poiſſon ſe remuoitde forte que les Demoyſelles ne pouvant pas tenir le rire fe regardoient les unes les autres & firent tant de grimaces que le Gentilhomme voulut en ſçavoir la raiſon ce qu'elles n'oſoient faire.
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Il ne vit perſonne au rendés. vousl'heure paſſoirdéja ; mais aprés avoir fait un peu de bruit il y attira l'eſclave qui mouroit d'impatience de le voir arriver ; parceque la Sultane en eſtoit en peine& s'étoit couchée melancholie fur fon liet de croyant que puiſqu'Albirond tardoit 'tant 10 à venir il n'avoit pas peu reuſſir 21 dans ſon entrepriſe.
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Son ambition comme j'ai dit étoit ſans meſure ; & c'eſt lui que quelques Hiſtoriens Eſpagnols pré tendent avoir euces correſpondances avec lesMau : res pour les engagerà faire la deſcente qu'ils firentmais qui leur réuſſit fort mal. . Quoi qu'il en ſoirl'indolence de fes Oncles & la grande jeuneſſe de ſes Couſinsqui n'étoient alors encore que des En. fans l'animant à pouſſer ſa Fortune au lieu de le rebuter il prit une conduite toute differente & for éloignée de celle de ſes Parens. Il yînt aprés le Cou. ronnement de Vamba tout droit à Tolede : Il lui fit aſlidûment fa Cour ;‫ ز‬il ſe rendit complaiſant : If fit briller fon merite par tout ce qu'ilavoit de plus engageant : Enfinil s'en fit aimer & devint en peu detems une eſpece de Favori.
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Beronte ; il n'eſt rien de fi injuſte que le duelny rien de fi jufte que Dieu : garde toy de l'un & prie l'autre pour mon ame; car il ne faut plus faire eſtat de mon corps. Et avec ce dernier mot il rendit l'eſprit laiſ fant Beronte & Leon non moins eftonnez de fa mort que de celle de Cloridan & du puif. fant de mon deLyſandre,qui le ſortoit ſi heu reuſement victorieux detoutes ſes avantu res. Dieu voulut alors prolonger la vie de Chriſante& permettreque Beronte & Leon ſe rencontraſſent à fa fin & Iceuffent de fa propre bouche l'hiſtoire de ce umbat affin que la vertu de Lyfandre fuft reſmoignée par ceux là meſmes qui en eſtoientles plus en vieux.
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Il ne voulut pas l'entretenir davantage pourne pas donner du foupçon aux gardes qui ſe formaliſent de rien & pren nent facilement de l'ombrage. Al phonſe ſe retira comme cela& Al birond prit le chemin de la Ville où il ſe diſpoſa toute l'appresdiſnée au triomphe qu'on luy preparoit pour ant le ſoir.
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Adonc ayant prinscongé elle fen vint en la chambreſi joyeuſe qu'elle ne celfa tant quelle eut trouué Artade pour lay dire ce qui fen fuit . Ha ina fæurque Dieu mra bien aidee ayant pourueu à la grăde faute que i’ay cómiſe: ſçauez vous pas quel grand Prince eſt mon amy Iulian ? Quand donc il fen retournera cherchons le moyen de parler à luy.
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Sil'on n'eut combattu pour l'Amele Duel finiſſoit à cette heure-là& l'Ecof fuis pouvoit ſe diſpoſer à ſon retour ; Mais les Peres tenoient pour honteuſe la victoire qui auroit ſeulement fait lever le fiege. Le Religieux Chrêcien doit eſtre prompt à foûtenir les affauts : & la ſeule deffence n'eſt qu'une petite partie de la gloire. Ils changerent doncd'armes & debatterie .
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Ce Miniſtre apprenant le fuccezde ſon voyage par. sit en même tems de Con Palaispour aller lui-même examiner le priſonnier & comme il nedouroit point que ce ne 1 fur le marchand aux bijoux dont il n'avoit point oui parler depuis ce qui auroit dû être neanmoins fi ç'eût été Veritablement un marchand puifau'il avoir à recevoir de lui le prix de la bou. riqueil entra à l'Hôtel d'Elboeuf qui étoit ſur ſon chemin . Madame d'El. bout qui ne ſe plaiſoit point à ſes vifi tes fut ſurpriſe de le voir mais elle le fut bien davantage sudiſcours qu'il lui . tint.
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Apres l'accouchemet de la Côteſſe Niuarie,bié qu'elle fut foible elle forti fia ſon eſpoir ,s’oſant promettre qu'elle eſpouſeroit le Prince Seniſmótduquel elle auoit eu & auquel elle auoitdốné vnſi precieuxgage deſon amour& craignāt que ceſte faute ne fuſt publiceauant le mariage implora de luy l'execution de ce dernier remede pour couuir ſon honneur de ce manteauEn quelle péſee penſez-vous que fut lors ce Prin ce:Vne extreme apprehenfion ſe ioignit à ſon a mourcar il craignoit que ceſte honte ne fut mani feſtee à tousapprehendoit que l'enfant nouuelle mét né feit mourir la reputation de fa mere& s'il ne ſe vouloit point marier. Niuarie qui n'auoit ſenty que comme en paſſant& à demy morte ce plaiſir qui la feit deuenir femme eſtoit toute de feu& ceft embraſement deuenoit encor plus grád à cauſe du peu d'eau qu'on y auoit reſpandu.
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Pendant qu'Heracleon parloit Traſeas ſe trouuoit eſtrangement embarraflé ; car il voyoit bien veu la maniere dont ilaffirmoit ce qu'il luy diſoit qu'il ſçauoit la choſe auec certitude : de ſorte que la crainte s'emparant de ſon eſprit il n'eſtoit pasen eſtat de raiſonner fort iufte. Il voyoit bien encore qu'Heracleon ſçauoit que Seſoitris n'eſtoit pas Fils d'Amaſis ; mais il ne Içauoit pas ſi Heracleon ſçauoit qu'il fuft Fils d’Apriez. Il iugeoit pourtant qu'il l'ignoroit: s'imagnant que s'il en euſt Içeu quelque choſeil eufteſtě impoiſible qu'il ne luy eneuſtrien dit.De ſorte que neneſçachant que faire;apres auoir bien examiné la choſe en luy mer me il ſe reſolut d'auoüer à Heracleon que Ti.
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Le Roi féjourna'is jour's à Burgosparce qu'il étoit fort enfumé ; cependant la Reine s'avançoit à petites journées : Elle lui écrivic là pluſieurs fo:s& illui fieréponſe. SaMajelte for obligée de luienvoyer demander la permiffion de manger en public&de monter quelque fois à Cheval : car ces deur tersibles gensle Marquis d'Aftorgas & la Camare ra Majorne voulurent jamais y confen . ex iir qu'ils n'en cuſlept reçu un 'Ordre prés. Il l'accorda fort volodciers à la Reine ; & elle lui envoya' en cefica dire Montre de Diamans,& tire Cravante avec un Noud couleur de Feu. ' li mit d'abord la Cravatte & fit donnercinq cens Piltol. les au Gentilhomme qui lui avoit apporté ccPrelen .
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Jan il nous faiſoit beau voir & bon ouyr & ſi étoit choſe meilleure de regarder les flaccons en état : que vous appren drez ici de bonnes doctrinesles fots qui viennent fe mettre en état ſe laiſſent enveloper& puis on les gâte. Je vous prie Ôtezmoy ces bouteillesd'autant qu'el les ſont ſujettes à être callées affez de bons flac cons pour y trouver par leur moyen la verité comme fit Democrite qui la trouva au fonds du puits . Le Roi avoit fait faire un puitsqui répon doit à une vieille carriére où Democrite alloit Tou . vent ſe rafraîchir. En ce puits on rafraichifloit le vin du Roi Democrite s'en apperçut & alla avait que d'être aveugle joliment prendre le bon vin giſant en Aaccons dans l'eau du puits & trouva que c'étoit l'a verité que le vin valloit mieux que l'eau.
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Perſonne n'auoit honte des armies & afin meſme que ceux qui s'eſtoient rebellez contre le Prince fuſſent furieux par quelque conſentement de la Pieré les diſcours publics de quel ques Miniſtres ſacrez quela memoire des. bien faits deuoit rendre plus affectionnez au Roy eurent le credit de perſuader SI à pluſieursqu'ils faiſoient vn grand ſer uice à Dieu d'entretenir la rebellion & que c'eſtoit vn acte de ſainteté de broüil. ler en forte les affairesqu'on obeïſt moins au Prince qu'à l'ennemyqu'on auoit appelle dedans le Royaume .
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Vous eftesmeilleurchevalierquefidelle amant,en ce temps icy que c'est une galanterieentre les plus braves de ſe jouerde l'amour des dames: & m'avez bien fait voir autrefois la vivacité de voſtre eſprit: mais je ne l'avois jamais di bien reconnuequ'en cette occaſion où vous ne máquez point de belles parolles & de bon nes raiſonspour le moins en apparencepour colorer une fi mauvaiſe cauſe. Ie ſuis marrie que vous n'en ayez encore de meilleurespour avoir moinsd'occaſion de me plaindre& plusde ſujet de vous pardonner : mais une telle offenſe ne ſe juſtifie pas ſi facilement qu'elle ſe commet.
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Quels bons conſeils a t ello jamais receus ou donnez ? Quels chatimens peutelle craindre ? Et enfin que ne merite t -elle pas ? Sije voulois entrer dans le detait 'des louanges qui luy font deuës ne vous di roisje pas que c'eſt elle quifournit de matiere aux ſcandales ? Qu'elle alimente la cruauté des Tyrans qu'elle abreuve les bourreaux de fang bu main ?
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Ainſi il eſt plus clair que le jour quequand l'Apôtre S. Jean depofa du Sacerdoce le Pre ve faiſeur de Romansil lui interdit non -ſeu lement le pouvoir de dire la Meſſe mais mê $1 me qu'il lui Ûta fon Benefice & le deftitua à perpetuité du rang d'honneur qu'il tenoit dans l'Aſie: par où on peut juger comment il auroit traité Mr. de Cambray dont le Telemaque eft certainement un Roman tout autrement fabu . leux & plein de menſongesque celui des mi racles pretendus& des faits merveilleux de S.
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Mais en lieu de ſe humillier & recongnoiſtre l'impoſſibilité de noſtre chair qui fans l'ayde de Dieu ne peult faire que peché voulant par elle meſmes & par ſes larmes ſatisfaire au paſſé & par ſa prudence eviter le mal de l'advenirdonnant tousjours l'excuſe de ſon peché à l'occaſion & non à la malice à laquelle n'y a remede que la grace de Dieu penſa de faire choſe par quoy à l'advenir ne ſçauroit plus tumber en tel inconvenient. Et comme s'il n'y avoyt que une eſpece de peché à damner la perſonne miſt toutes ſes forces à eviter ceftuy là feul.
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Ilmenie ayant ceſſé de parler laiſſa Panthée auec beaucoup de fatisfaction de fon eſprit : cet te fage Reine diſant fortobligeamment ( apres l'auoir remerciée de la peine qu'elle auoit euë,à luy aprendrece qui eſtoit arriue à Cleonice q) u'el leeſtoit auſſi digne d'eſtre ſon Amieque Ligda mis l'eſtoit d'eſtre ſon Amant.
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Cependant l'Amour qui ne fait faire que des actions heroïques,aux cours qui en ſont polledez: fit que Cyrus & le Roy d'Aſſirie ne pouuant ſe re ſoudre à marcher ſilentemēt auec tantde mondeprirent ſeulement cent Cheuaux: Cyrus comman dant abſolument au reſte de ſes gensd'attendre de ſes nouuelles en ce lieulà& de garder le Pontde peur qu'Abradate ne s'en ſaiſilts'il aprenoit . qu'ils fuffent allez apresMandane.
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Mais pourſuis ta carrière ; & trois de tes journées Vont à tout l'univers donner plus de clarté Que n'a fait le ſoleil depuis trois mille années .. Quoique ces vers parlaffent de la création de la luinière plus conformément à l'opinion de Moïſe dont Tarſis avoit lu les livres que felon celle des Grecs qui n'en déterminent pas la manière ni depuis quand le monde eſt fait ; Eraſiſtrate à qui cette doctrine n'étoit pas étrants gère trouva cette pièce ſi fort à ſon gré & fi obligeante qu'encore qu'il fût à la veille de fon départ il ne voulut pas partir de Tempe fans en voir l'auteur & il le vint trouver à Calm lioureen la maiſon de Leucippe que Tarlislu .
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Cet Amant ayant reçû cette lettre en eut beau coup de joye & alla trouver la De moiſelle. Elle lui conta la choſe comme elle s'étoit paſſée & ils en rirent extrêmement . Cependantla lettre qu'elle avoit écrite au Baron lui avoit donnétant d'amour que s'imaginant qu'elleen avoit pour lui il l'importunoit con tinuellement de fa paſſion . Made moiſelle de Saint Hilaire qui n'y prenoit plus de plaiſir depuis le rapel de ſon Amant lui fit connoître que fes affiduitez ne lui plaiſoient pas. Le Baron qui croyoit que ce qu'elle difoit n'étoit que pour rire traitoit cela de bagatelle & vouloit toûjours continuer de la voir.
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Toute la ville fut auſſi toſt abbreuuee de ceſte affection& chaſcun en parloit ſelon ſon aduis. Les vns excuſoient la ieuneſleles autres accuſoient ſon peu de iuge ment & ceux qui auoient des filles nubiles crioientà la tyrannie. Les meres cachoient leurs filles àla façon des poules,quiretirent leurs poff lins fous leurs aifles quand elles apperçoiuent le milan. Tant y a que Cteſiphon perdit beaucoup de pas inutilementexpoſant ſa reputation au pil lage des langues . Au contraire celle d'Heraclee s'elleua iuſques aux eftoiles quand on [ceut qu'el le & fa mere s'oppoſoient fi genereuſement aux delleins du Marquis . Lequel ne pouuant acquerir ce qu'il pourchaſſoit que par rule,eut recours à la trahiſonde ceſte parente chez laquelle Heraclee alloit quelquefois faire ſon ouurage auec les filles de celle qui la vendoit.Ceſte malheureuſe femme promit à Ctefiphion de le mettre ſeul auec ceſte 3 fille,lui laiſſant le ſurplus à traitter.
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Cela étoit fort delicat nous n'avions garde d'avoir mal au ventre. Ils ne nous traitérent pas comme le mer cier de Loches faiſoit la femme : fa mere lui dit mon ami traitez la bien doucement : Vrament it le faiſoitil lui bailloit des ouffemensainſi les fą. ges femmes l'entendentquand elles diſent aux pré mieres groſſes des autres : conſolez -vousma mie il en forrira plus doucement qu'il n'y a entré . nous fûmes bien arrivez auprés de la bonne eau d'El pagne: vrament fi jamais je refaisma Coſmographieje ferai relle deſcription de ce paislà que l'on croi ra aiſément que les peuples y ſont enragez.
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Ch. Vne femme deſguiſée vint dire de maunaiſes efauſſes nouuelles au Roy Chriſante lequel mit enqueste pluſieurs Cheualiers apres les Princes Chriferionte ó Garimarte.page 1 49. Ch.4.1monda le traisfre có de laya,oncle de LyParie Apres la mort de ce Nepueu ayār enleuéſa vefuefes filles& ſes fæurs futſurpris &puny & les Dames deliurées par l'induſtrie & diligence des Princes Chriferionte & Garimantepage 1 52. Ch. Le Cheualier Boriſſan recontra les Princes Chrifer :õte Garimantequi luy dirent la liber té des Damesſesparentes lamort d'Imondas le deſloyale du rencontre de Boriſpan contre deux Cheualiers.page 157. Ch. Des eſtranges & admirables aduentures qui fisruindrent aux Princes Chriferionte & Gari mante dans une phe.page 160. Ch.
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Ac. Scrutatur avidus manibus uncis lumina : Sø. Radice ab imâ funditus vulſos fimul Evoluit orbes. Haret in vacuo manus : Et fixa penitus unguibus lacerat cavo. Alie receffus luminum & inanes finus. Dymas dans l'Oedipe de Corneille raconte Corn.. auſſiavecquelle fureur ce malheureux Prince Alt. se s'arracha lui-même les yeux. Sc. Commençons à mourir avant qu'ils nous l'or donnent Qu’ainſi que mes forfaits mes ſuplices éton nent. Ne voyons plus le Ciel aprés fa cruauté Pour nous vanger de lui dedätgnons la clarté.
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Em. pedocles. Vous n'avez pas dit commeon dit Mon ſieur en Moine ? Notez que ceux qui parlent tant de friponneries d'un étatdoivent en êtreen avoir été ou les avoir trop frequentez : j'écois vragnant en Savoye où j'écoutois parler à lon Alteſſe& moi à Rome où j'oyois ſupplier la Sainteté & moi en Enferoù j'oyois dire la diablerie. Et moi chez nôtre Archevêque où l'on baiſoit les mains de fon Archiepiſco perie ;i & il répondit à ſon Soufra gant j'honore vôtre Epiſcopterie ; & à un Chanoi. neje me recommande à votre Chanoinerie; je vo yois un mignon qui parloit à un Juriſconſulte & lui diſoitcommentle porte vôtre Conſeillerie ,auſſi la Conſeillerie lui avoit donné à diner. Comme la Majeſté luiavoit donné la lettrerie j'ai penſé dire ſa ladrie ſoient ſauvez les jumens. Nous ſommes je dis vousautres de grands ſots je ne pensais pas que cette femme eût la tête fi fauſſe de taper ainſi 1on pauvre maître de Docteur. Textor. Je vous prie parlcz bas & ne vous mariez point de peur d'être cocuinais je me trompe ; j'oi ce beau Procureur qui en parle ileſt marié il eſt heureux -fa femme eft grol je ; elle accouchera . Simler. Parlez ſobrement des femmes.
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Quelques jours après il venoit de Vances & ayant bon appétit il demanda à ſouper à fa fem me qui lui dit ouimon ami i s'en va prêt; & que me donneras -tu na fille ? Je ſçai bien ce que je lui cuffe fait pour n'avoir point de ces harnois -là. Et dites je vous prie & quoi ?
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Encore e deuant que qu de de ſe dire Adieu ils re nouaffent par mille & mille fermens les promeſ fes qu'ils auoient fi folennellement eſcrittesiu rees& trop licentieuſement cachettees les vents emporterent tous ces diſcours & le ciel ſe moc qua de toutes ces affeurancesMiſon s'en va dans ſon preſide auec vne fucille ſignee de la main d'v ne fille ſans ſonger que le moindre ſouffle la pourroit emporter.Les gages precieux de ſon hó neſteré,dontelle l'auoit rendudepoſitaire,luiper fuadoient qu'elle ne logeroit iamais ſes affections ; en vn autre lieu : mais il en auint tout au rebours . de ſes penſees.
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La belle n'eut pas plutôt l'argent que la tendreſfe conimença à diminuer. Salabet qui pouvoit à toute heure entrer chez elle étoit bienheureux d'y être reçû de ſept fois une ſanscompter qu'on ne lui faiſoit ni le mê . me viſage ni les mêmes careſſes ni la même chere qu'auparavant. Un mois étant paſſé au -delà du terme qu'on avoit pris pour le payer Salabet demanda ſon argent& ne reçut que des paroles. Ce fut alors qu'il connut la malice de cette femme& ſa propre im prudence ; mais comme il n'avoit d'autres preuves que fa bonne foiqui devoit lui être fort ſuſpecte il n'oſa s'en plaindre à perſonne,parce qu'on l'avoit averti d'avance & qu'il n'en avoit pas profité.
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Le inari las enfin de tant de fatigues inutiles demanda un jour à ſa femme avec un viſage chagrin ce qu'elle avoit dit à ſon Confef ſeur. La belle répondit qu'elle n'étoit pas obligée de de lui dire. Perfide lui dit-il alors d'un air qui mar quoit le déſordre de ſon cour je le ſçais en dépit de toi ; mais je veux ſçavoir de plus quel Prêtre cou che avec toiou je te couperai la gorge. Eft -il poſli ble dit alors la belle en ſouriantqu'un homme ſage ſe laiſſe ainſi mener par une femme ? La jalou fic eſt une ſorte paſion qui fait bien faire de faux pas. Je vous ai dit encore que quand ce Prêtre vouloit venir coucher avec moi il n'y avoit point de porte qui lui fût fermée. Cela a-t il beſoin d'explication ? Les portes vous ſont -elles fermées quand vous voulez venir où je ſuis ?
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Voilà fage Bergère en abrégé quelle eſt l'image de ma deſtinée & de mes infortunes : en voici le détail. Il y a quelques Olympiades qu'Eriante reine de Lesbos étant morte à My tilene capitale de l'Ille les peuples furenr fi mal ſatisfaits de fon gouvernement qu'ils firent un décret après fa mort en haine de ſa mé moire par lequel ils arrêtèrent que le royaume ne ſeroit plus régi par des femmes & qu'elles feroient à jamais exclufes du gouvernement . Il eſt vrai que ce décret ne fut pas accompagné de tout ce qu'il auroit fallu pour le rendre irrévo cable parce que les deux plusproches héritiers de la couronne n'y voulurent point confentir ni le ſigner l'un & l'autre n'ayant alors pour enfans que chacun une fille.
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Sur cette reſolution Lyſis prir congé de Claria mond pour s'en aller chez ſon hoſte: Carmelin qui eſtoit de retour y audit defia ſerré ſon trou peau & fongeoit à la cuiſine qui eſtoit fort maigre & fort froide. Apres vn ſobre ſoupéchacun s'en alla coucher,maisle trifte Lyfis ne put dormir.Il ne faiſoit autre choſe que repeter les paroles die Charité. Il dit à ſon valet qu'elles luy cauſoient vne affi& ion pire que la mort: Il y a bien dequoy ſe falcher reſpondit Carmelin . Ne luy obeyſ fons point en cecy puis qu'elle ne le veut pas . Helas!
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Mais tous ces tîtres & epitetes n'aprochent en rien de l'infinité des elegans& des nouueausque châque iour iuuente 8 compoſe la diſcrete Pocfie. Elle recelle les defauts & découure les graces. Elle furinonte la rebelliondes plus ſeueres adoucit les ſuperbes prononceles plus bellesparoles d'Amour; formeles plaintes & reuele les affections; rend les beaus éfers celebres ; ſubriliſe les plus groſſiers;ordonne ce qui eſt fansordre;éueille les negligens ; ramentoir les ſeruices ; demande les re compenſes ; lamente les outrages ; eſtime les faueurs; fais pleurer & rire,craindre & eſperer; altereapaiſe,& en fin par vn moyen occulteelle infuſe dans les amestantolt la triſteſſe& tantoſt l'alegreffe. Aus ſérieus diſcours;aus celebres aſſembleesqui eſtce qui propo ſe mieus,qui diſcourt ,ou conſeille ?
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Cette Hiſtoire ayant trouué pla ce dans la Cour Saincte ie pouuois per dre le courage d'en parler : Toutesfois comme i'ay appris que ſon Traducteur Anglois en auoit retranché cette Partiei'ay creu que les Eſtrangers auoient en core peur de la Pucelle d'ORLEANS OU qu'ils n'eſtoit pas toutà fait perſuadez ſur fon Innocence. Cette conſideration auec beaucoup d'autresm'a porté à rechercher ſa iuſtification& l'ayant trouuéſon me rite m'a inſpiré de ramaffer ce que plus de cent Autheurs m'en ont appris;afin de vous offrir ces exemple incomparable ſur tout autre.
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Rien n'eſt à comparer à l'honneur c'eſt la pru nelle de l'ail qui ne ſe peut toucher ſans va grand reſſentiment. Pour femer de la diſcorde entre ces deux familles il y ietta cette pommepourrie cerces au dedans,mais qui paroiſſoit do rée au dehorsIl fit en ſorte par diuerſes fois de les faire venir en la ville où eſtoit ſa reſidence ordinaire tantoſt pour prendre leur auis ſur des occurrences qui regardoient le bien de la Pro uince tantoſt pour les employer en des appointe mens de querelles importantes.
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Ces let tres étoient preſſantes & Titus étoit réſolu de par tir ſans retardement & d'emmener Sophronie ; ce qui ne ſe devoit & ne ſe pouvoit faire ſans lui décla rer l'état des choſes. Il fut donc conclu de lui dire comment le tout s'étoit paſſé. La belle n'en pouvoit d'abord rien croire ; mais Titus l'en convainquit par > tant de particularités ſecrettesqu'elle en demeura fort étonnée. Après avoir bien pleuré & fait bien des plaintes de la piéce qu'elle prétendoit que Giſippe * lui avoit faite elle alla trouver ſon pere & fa mere à 3 qui elle conta ſon avanture. Les parens furent enſui 3 se informés de la tromperie & tout le monde en eut beaucoup de chagrin. Les parens mêmes de Gilippe en furent fort ſcandaliſés. Grandes broüilleries de part & d'autre dont Gilippe étoit la victime. Les parens de Sophronie comme les plus intéreſſésfai foient auſſi le plus grand bruit & diſoientque Gi ſippe étoit non ſeulement condamnable mais di gue d'une trèsrigoureuſe peine. Gilippe de fon coté Tome II.
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Qu'eſt-il beſoin de plus long diſcours ? Ayant repris vn bon & entier iu gement,il demanda aufli toft d'eftre remis dans le lein de l'Egliſe Catholiquedans lequel il vouloic mourir. Et commele Preſtre luy dit qu'avant que de l'y recevoir il falloit qu'il abiuraſt l'herelie : Helasdit ilcomme voulez-vous que i'abiure vne creance que ie ne ſceus& queic n'eus iamais,ayant eſté caiollé & pipé par les attraits d'vnc femmeou pluſtoſt d'vn demon qui en auoit la forme? Nonic ne fus iamais Huguenot. Neantınoins puis que i'ay eſté fi mal-heureux que de le feindre& de quitter ,mais en apparence ſeulementma Religion : ie proteſte deuant Dieu ayant l'ame ſur les leures & preſt de comparoiſtre deuant le thrône de la miſericorde que ie renonce à toutes les opinionscontraires à la foy CatholiqueApo ftolique & Romaineen laquelle i'ay touſiours vécu& en laquelle ie veux mourir. Il fic protefta tions ſolennelles en preſence de pluſieurs Reli gionnaires qui couchez de ſon zele & de fa con Itance ne diſoient pas ce qu'ils en penſoient.
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Il eſt vrai que l'Empe reur avoit au autre but pour faire refuſer à ſon Ambaſſadeur de conſentirà la Paix ; mais toûjours celui que je viens de vous raporter en étoit le pretexte ; mais pre texte tel qu'il retarda abſolument la Paix. Car comment rendre tout les eſclaves François qui avoient été achetés par des particuliers& qui par conſequent étoient leur bien ; & comment leur ôter ce qui leur apartenoit : fans les rembourſer ou indemniſer ?
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Si Frere Robert eût ſçû cela il n'eût pas eu beſoin d'étaler tant de chétorique pour convertir la bonne commere . La femme de Gafparin ayant promis à Gulfar de cou. cher avec lui moyennant une ſomme dont ils con vinrent le galant l'emprunta du mari lui dis enſuite qu'il l'avoit renduë à la femme ; ce qu'elle n'oſa nier. Comme il étoit fort ponctuel à rendre ce qu'il empruntoit il trouvoit ſans peine de l'argent quand il en avoit beſoin .
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Car les Cheualiers errans eſtoient entierement obligez par le ſerment qu'ils preftoient en receuant l'ordre de Cheuale rie de s'employer iuſques à la mortà la conferua tion de l'honneur des Dames & à toutes æuures de pieté de mérite & de magnanimitéla vertu en ce temps là leur eſtoit plus familiere& les ef lancemens d'vn genereuxcourage plus communs que la paroleleurs plus recommandablesactions ne buttoient qu'à fortifier leur inſigne valleur en balliant la terre de l'ordure des meſchans. Aufli le Cheualier eſt peu de choſe s'il ne s'efleue plus haut quelecommun& comme ſans l'air qui en uironne le corpsle corps ne pourroit viure.
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Et ditesje vous prie & quoi ? Pargoi tunous en conte je crois que tu as hanté les fillesd'Egliſe c'eſt à dire les femmes de Cloîtresc'eſt à dire les gar cesdes Chanoines elles parlent ainſi ſans autrement uſer de reſpectlinon qu'ellesappellent lesautres pu tains chiennes veſſes& qu'ils débauchent leurs maîtres. Leconfil. Je ne m'ébahis plus vramentde ce que l'on dit : ho ho ô Calvin te louviens tu point de ce que ditoit Hilaretquand il contoit en chaire quetu étois fils du Chanoine& que notre a mi de S. Denis le Chanoine dînant avec nôtre E vêqueſe mit à parler contre ce Cordelier feignant être fort faché contre lui & faiſant tomberà proposce painetde ſon Sermon lui dit par colére fraternel le ? Jenetrouvepoint bon que l'on die desmenſon ges en la chaire. Je ne diraipascomme le Curéde S. Lifart qui diſoit que la chaire où il étoit n'étoit pas la chaire à faire ca ca : mais à dire vérité : je dis donc que cela eſt meſleant de prononcer des impiétez en telle chaire. Vous avez dit que Calvin étoit fils d'un Chanoinece quieſt trés-faux.
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Ariane & Cyllenic eurent grand effroy,quand elles ſceu rent que trois hommes armez demandoient à entrer. Pa lamede qui eſtoit déjà deſeſperé de ne ſçauoir ce qu'eſtoit deuenu ſon amy ſe reſoluc de ſoulager ſes reſſentimens cn fe vangeantſur ces trois hommes qu'il. iugeoit eſtro des ſoldats Romains & apres s'eſtre armé aucc Lepanteil commanda que l'on ouuriſt&que l'on les laiſſaſt en trer.Melinte alloit le premier & für bien eſtonné de ſc voir en vninſtant attaqué par Palamede : il reconnut l'era reur de ſon amy;toutefois il fut contraint de mettre l’eſpće à la main pour parer les coupsqu'il luy portoit; enfin pres nant ſon temps il hauſſa la viſiere& en parlant ſe fic co gnoiſtre à luy. Palamede ietta auſſi coſt ſon cſpéc& fc ietta à ſes genoux pour luy demander pardon.
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Je. vous dis de nouveau que ſi vous les avez de votre côté vous pouvez compter qu'ils donneront un tel tour à tout que vous 1 en fortirez felon votre ſouhait. Ce rai 1 fonnement plât extrémement à l'Empe reur & il ordonna à Abraham de le ve nir trouver le lendemain pour conferer plus avant avec lui ſouhaittant de faire . reflexion ſur tout ce qu'il venoir de lui dire.
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Il fait le inelinc à Ormin ( repart Colomban) & cependant il ſouffle de part & d'autre le feu dans vos veines ie l’ay fort bien remarqué en ſes di fcours. Ce qui m'a fait ſoupçonner qu'il y euft de L'artifice en ceci& que ce ne ſoit vne partie faite expres. Scachons qui eſt l'imprudent& encore l'impudent,qui a ietré en auát ce diſcours odieux& de là il nous fera aiſé de remonter à la ſource. Ayant fait approuuer ſon auis à Leonce il va retrouuer Ormin lequel il preſſe li fort & prefa che tant qu'il le lui fait encore gouſter. Etcomme il acriue quelquefois qu'au milieu de la pluye les rayons du Soleil percent vn nuage' & le fait voir pour peu de tempsdans le trouble de ceſte fu tieufc pallion qui les poſledoirceſte lumiere de raiſon trouua place.
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Cornelie ne répondit pas unmot; elle parut ne ſe porterpas bien: tellement que le Prince de peur que cette adroite femme n’abulat de fon temperament facile ſortit hors de la Chambre. Il rencontra ſur l'Eſcalier Villaire qui venoit voir ce qu'il étoit devenu. Le Prince lui dir quequoique le Galant lui eût échapé il en avoit aſſez entendu pour être convaincu de la baſefle de l'infamie de la Dame.
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Sur quoy le tirant à part ſous vne feinte promeſſe d'impunitépourucu qu'il auoiât franchement ſon crime. Ce pauure niais luy declara franchement comme le tout s'e ſtoit paſſéde quelle façon il auoit commis l'aſſal. linat& en quel lieu il auoit enterré le corps. Sur cet aueu il le fait mettre en priſon le fattant de l'eſpoir de luy fauuer la vie& de luy faire auoir la grace des Seigneurs du Canton de Berne So:1 uerains de la ville de Lauzane. Eftant interrogé de nouueau deuant des témoins il confeffe le tour de lameſmeſorte & perſiſte en la premiere depoſition. Quand la ſentence luy fur prononcéc,il ſe plaignic dela fauf ſeté de la promeſſe qu'on luy auoit faite de luy donner la vie. Mais on le conſola ſur ce que les Souuerains n'auoient point voulu luy faire de gra ce & puis on le reſolut à lamort en luy repre fentane viuement l'enormité de ſon offence .
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Si c'eſt là voſtre penſée je puis vous dire aſſeurément ,que vous ne luy plairez pas plas que vous. avez fait par le paſſé. Cependant vous m'obligerez de ne venir pås au logis ſi ſouvent & de ceffer des pourſuites qui bien qu'ellesvousſoient inutiles ne laiſferoient pas à la fin de me déplaire.
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Or Ma dame qui avoit affaire de lui & le vouloir gratifier fçachant qu'il approchoit vint au devant de lui & le ſurprit ainfi il remit fa piſſerie à une autrefois de quoi il file trompé d'autant qu'elle le mena en la fa le ou le louper étoit préparé. Il ſe fallut aſſeoir & faire bonne chérecependant Mon fieur l'Abbé étoit en grand peine ne pen fantqu'à piſfer : puis voyant que le diſcours feroit long il reſolut de piſfer en fa botte: Vous ſçavez comme les Abbez les portent ouvertes pår en haut & larges d'embou cheure. Ainſi qu'on apposta le baſſin pour laveril n'en pouvoit plus parquoi il avoit mis la main à ſon engiu &déja le déchar gooit dinsfa botte.
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Dans la vûë de ſesmiſe . res il conçoit l'éloignement où il eſt des grandeurs de la Divinite'& fe fortifie dans la foiqui lui fait adorer cette im menſité' qu'il admire ,il examine ce que c'eſtque lenéant qui le compoſe & la réféxi on t le condui au mépris qu'il ſe doit à lui même& à l'amour qu'il doit à fon Dieu .
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Mais il eſt temps que vous ſachiez ce qui ſe paſſoit alors à Babylone ; & comme c'eſt d'Eliante que je le tiens & que je pourrois en omettre quelque circonſtance je la prie de vous le raconter elle-même. Alceſte ( ainſi ſe nommoit il ) ceſſa de par ler ; & la compagnie jeta les yeux ſur la belle Eliante comme pour lui demander la ſuite de ce récit. Elle eût bien voulu s'en exempter autant par modeſtie que parce que la narra. tion d'Alceſte en lui renouvellant le ſouvenir de ſes diſgrâcesavoit donné un nouveau cours à ſes larmes.
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Ainſi Ariarate . un peu conſolé par ce foible rayon d'eſpérance qui vouloit le faire revivre alla trouver le prince Philippe qui s'étoit toujours fi généreuſement intéreſſé pour lui & qui l'étoit venu voir cent fois dans ſa maladie mais qui n'avoit oſé lui rien dire de Troïade à cauſe de > la défenſe rigoureuſe que lui en avoit faite ſon père. Il lui découvrit à nud l'état de fon ame ; & lui ayant fait confidence des fentimens gé néreux que Troïade conſervoir pour lui il lc pria de vouloir être ſon protecteur en une ren contre où il n'y alloit pas moins que de fa vie.. Mais Philippe avoit déjà prévenu ſes prières.
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Unhom me qui jouë de la griffe car il a joué tantoſt extremement bien de la fieone ſur l'argent que l'on a eſtallé deſſus fon banc. Vous cites trop ſcandaleux me repondit -il: vous avez même appellé par je -aefçay quel nom un Conſeiller de ceans. Quoy ! Alors celuy qui parloit à moy & qui eſtoit un ſoliçiteur m'avertit que je m'en gar daffe bien veu la qualitédu perſonoage.
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Quoi qu'iln'y eut que quarante mile de là juſqu'à Londres il ſembloit que cette grande Ville en écoit beaucoup plus éloignée parce que ce lieu n'étoit environné que de bois du côté de la Ville & bien qu'il y eut pluſieurs per ſonnes de qualirez dans cerre contrée cependant les maiſons n'étoient pas fort voiſines. Ce furen ce lieu que l'infor. tanéc pilis ſuivi: luoncouve Eponix.
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Mais Thraſimede en me lesdonnantgliſa adroitement vn Billet de dansſans que je m'en apperceuffe ; fi bien que lors qu’Arpalice vint à ouvrir mon Paquet,elle fut fort ſurpriſe d'y trotiner vn Billet de Thraſimede dont elle connoifloit bien l'eſcriture ; ne conceuant pas que i'eufſe voolu n'en charger principalement ſans luy en rien dire.
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Es Princes Chriſerionte & Garimante arriuez remarquerentl'en Lqu'ilsfurent dansla foreltremarquerent l'en droid ou ils auoient ouy ſe plaindre quelques per ſonnes lors que durant la nuict ils prenoient la fraiſcheur de l'air à la feneſtre de leur logis ce qui les fit promptement armer comme aucz peu lire cy -deſſus& partir fans dire Adieu à leurs compagnons. La donc eftantarriuez chercherent les chemins plus de tournez que tiennent volon tiers les malfacteurs ; & s'enquirent de certains bucherons & charbonniers qu'ils trouuerent en leur ouurage,s'ils auoientpoint veu où ouy parler de quelquesperſonnes affligées qui faiſoientgran des plaintes parlans à trauers la foreft& ce durant la nuictleſquels reſpondirent n'en ſçauoir aucu: eúnes nouuelles.
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Je ne ſçavois que juger du procedé de cette fille & le grand changement où je la voyois pour moyme ſurprenoit étrangement puis que bien loin de l'avoir déſobligée qu'au contraire j'avoistoûjours fait tout ce que j'a vois pú pour luy faire plaiſir & mê me je luy avois ſouvent fait des pre fens.
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Poiſli au ſoir que les belles ſe retirent pour condui. re une hauteffe en la chambre trois ou quatre avec elles prêtes de ſe mettre au lit deviloient auprés. du feu & par mignardile s’entremontroient leurs cuiflespourvoir qui l'avoit plus belle & potelée ces cuiſſes étoient belles & mignonnes : alors le far . fader vint par la cheminée& aprés qu'elles curent. comparé leurs cuiſſesil s'avança & en montra une groffe & grande veluë comme celle d'un cheval & leur dit en s'aprochant& la mienne ? Or çà j'ai ap poſé & contrôllé la juſte diſpenſe & huguenotiqueainſi que nous faiſions à Paris le Carême paffé quand en pleine taverne nous faiſions le petit exer cice de la religion. Clicbtoveus. Qu'eſt-ce à dire ce 1a : vous qui ſçavez tous les miſtères facrez êtes vous fi bêtes que vous ne ſçavez pas ceci và qu'il le pratique en debonscloitres? Petronius.
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Cette conſideration fur affez puiſſantepourfaire teſoudre Ingo bergue àtousles cuenemens qui pour roient luy arriuer. Elle n'apprehenda plus rien ; tout luy deuint facile. Toutes les difficultez & touslesobſta. cles qu'elle s'eſtoit auparauant pro polczdans ſon Eſprit diſparurens comme on phantofmeplein d'erreur & d'illufion . Mais que la Nature eſt foible,en de certaines récontres!
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Diſpenſez moy de la ſuite de ce dénom brement que ie pourrois faire pour la gloi re de ma Princeſſe & pour mmaa propre fa . tisfaction : ie ne ſuis plus d'humeur d'em ployer le temps qui me reſte à décrire les auantures d'autruy en ayant aſſez en ma perſonne pour donner de l'admiration : Neantmoins ie ne veux pas traitter vn de mes voiſins & de mes alliés comme les étrangers.
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Mais il n'eſt ruche d'abeilles ſi bien ordonnee que les araignees ne troublent en l'embarraſſant de leurs filetsny correfpódance mutuelle fi bien reiglce quc la malice ne trouue moyen de def joindre par ſes artifices.Si eſtce que celle de Si nat ſe trouua courte de ce coſté là,parce que tou tes les inuentions & faux rapportsne purent en gendrer aucune diſcordance en la parfaitte har monie de ces deux cæursque le ciel deſtinoit à I'vnion du ſainct mariage.
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